Au Sénégal, le cheval travaille désormais aussi en ville

 Au Sénégal, le cheval travaille désormais aussi en ville

Le Sénégal ne passe pas pour être le pays du cheval. Pourtant, l’animal est un acteur majeur de l’économie du pays. Essentiel à la campagne, il s’installe aussi en ville.

Au Sénégal, comme dans de nombreux pays d’Afrique, la mécanisation est encore très rare dans les campagnes. Le cheval reste la force de travail essentielle. Ainsi, dans les zones de culture de l’arachide, son absence, selon une étude, réduirait les rendements des trois-quarts. Si charrettes, semoirs, houes… n’étaient plus tirés par des chevaux, il y aurait comme conséquence une baisse de 75% des superficies cultivées et des rendements en arachide. Pour la population sénégalaise, qui vit encore essentiellement de l’agriculture, cela serait un désastre économique.

Auxiliaire des pêcheurs

En zone rurale, les chevaux ou les ânes ont aussi une autre vertu. Ils permettent aux ménages de se procurer des revenus à travers des services de transport. En outre, ils améliorent les conditions de vie et permettent de tisser des liens sociaux dans la communauté par le biais de services gracieux.

 

Chevaux et conducteurs attendent sur la plage l'arrivée des pêcheurs près de Dakar. (JOHN WESSELS / AFP)

 

Sur les côtes, le cheval est également un auxiliaire du pêcheur. C’est lui qui va remonter les produits de la pêche, du bateau vers le quai et les marchés locaux. Lui encore qui transportera filets et moteurs vers l’embarcation.

Cheval des villes

Plus surprenant, le cheval se rencontre de plus en plus en ville. Tirant des calèches de transport de passagers ou des charrettes de marchandises en tout genre. Loin de toute attraction touristique.

A Thiès, à 70 km à l’est de Dakar, les calèches ont toujours du succès, assure le site Afrik.com. De nombreux habitants les préfèrent aux bus, dont la flotte a pourtant été rénovée. “Quand on prend le bus, non seulement on est à l’étroit, surtout lorsqu’on revient du marché avec des emplettes, mais aussi, et surtout, le bus marque trop d’arrêts”, confie une passagère.

 

Selon une estimation, 7000 attelages parcourent les rues de Dakar quotidiennement. (JOHN WESSELS / AFP)

A Dakar, selon Alphonse Sene, chef de division au ministère de l’Elevage, on compterait 7 000 de ces attelages dont le nombre ne cesse d’augmenter. Ils transportent les personnes et les biens pour pas cher, les matériaux de construction, les citernes d’eau et, de plus en plus, les déchets dans les quartiers que ne desservent pas les camions-bennes, rapporte l’AFP.

Revenu d’appoint

Du fait de l’activité très informelle du secteur, il est difficile d’évaluer le nombre précis des véhicules hippomobiles en activité, ni du nombre de personnes transportées. En zone urbaine, le transport constitue une activité d’appoint pour les ruraux lorsqu’il n’y a pas de travaux dans les champs. “Quand je viens à Dakar, c’est que je n’ai plus de sous”, confie Diodo Niamen à l’AFP. Il doit ainsi quitter régulièrement son village à 150 km de la capitale.

A Thiès, un conducteur assure pouvoir gagner jusqu’à 1 000 francs CFA par jour (9 euros) et se dit satisfait de son sort. Il est vrai qu’au Sénégal, 40% de la population vit avec moins de 2 euros par jour. Mais l’investissement est important, estimé à environ 500 000 francs CFA (760 euros) pour l’achat du cheval et de la calèche. Et à cela il faut ajouter la nourriture de l’animal.

Les équidés de travail sont estimés à un million au Sénégal, selon l’ONG Brooke, à part égale entre chevaux et ânes. Un apport très significatif dans l’économie du pays, même s’il ne se mesure pas en termes de PIB.

Source : France info.fr

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