Donald Trump officiellement investi par le Parti républicain pour la présidentielle américaine

 Donald Trump officiellement investi par le Parti républicain pour la présidentielle américaine

Les quelque 330 délégués du Grand Old Party réunis à Charlotte, en Caroline du Nord, ont désigné le président comme leur candidat.

La convention nationale républicaine s’est ouverte lundi à Charlotte, en Caroline du Nord, pour introniser son candidat à la présidence : Donald Trump. Comme pour les démocrates la semaine dernière, l’événement sera largement virtuel en raison de la pandémie de Covid-19. Mais les républicains ont conservé une partie du cérémonial classique, puisque chaque État de l’union, en plus du district de Columbia et des territoires américains, a envoyé six représentants. Au lieu des 2500 délégués normalement prévus, ils étaient 336 à répondre à l’appel à l’ouverture de l’événement. De nombreuses précautions sanitaires ont été prises : ils ont subi un test au Covid-19 avant leur départ et à leur arrivée, et ont été priés de porter un masque et de rester à distance les uns des autres pendant les séances. Mais la majeure partie des discours seront retransmis par vidéo.

Les républicains avaient d’abord envisagé de déplacer leur convention à Jacksonville, en Floride, Charlotte ayant refusé d’accueillir un grand rassemblement de plusieurs milliers de personnes en pleine pandémie. Ils se sont finalement ravisés, optant pour un événement plus modeste.

Trump a, semble-t-il, suivi attentivement le déroulement de la convention démocrate. Ses adversaires sont parvenus à tenir pendant quatre jours un événement politique d’un genre inédit, puisque entièrement filmé et diffusé à distance, et ils ont réussi à faire du discours d’intronisation de Joe ­Biden un moment remarqué.

La convention est un moment important pour la campagne de Donald Trump. Donné derrière son rival démocrate dans les sondages nationaux, et, plus important encore, dans les États clés de l’élection, le président sortant doit essayer de convaincre les électeurs de lui accorder un deuxième mandat. Affaibli par sa gestion chaotique de la crise sanitaire, son bilan économique dévasté par la récession déclenchée par la pandémie, peu en phase avec l’émotion nationale suscitée par la mort filmée de George Floyd, Trump doit aussi résoudre une contradiction de fond : se présentant comme en 2016 comme un candidat hors système, le président est moins convaincant alors qu’il doit défendre le bilan de quatre années à la Maison-Blanche. Le sortant semble pourtant décidé à rejouer sa campagne victorieuse d’il y a quatre ans. Il a repris son colistier Mike Pence, comme vice-président, et dirige ses attaques contre «l’Administration Obama-Biden ».

Les thèmes des quatre jours de la convention ont été dévoilés peu avant l’ouverture : terre de promesses, terre d’occasions, terre de héros et terre de grandeur. Mais le principal objet de la convention, qui est aussi le programme électoral républicain de cette élection présidentielle pas comme les autres, se résume à un mot : Trump.

L’attaque comme stratégie et comme tactique

Les intervenants seront presque tous des fidèles du président. La plupart des membres de sa famille devraient s’illustrer. Ses enfants adultes, Donald Junior, Eric et Ivanka Trump prendront la parole, ainsi que son épouse Melania. ­Kimberly Guilfoyle, ancienne présentatrice de Fox News et compagne de Donald Junior, ou Nikki ­Haley, ambassadeur aux Nations unies, seront aussi parmi les orateurs. Après avoir un moment envisagé de prononcer son discours d’acceptation depuis le champ de bataille de Gettysburg, Trump le donnera jeudi depuis la Maison-Blanche, brouillant une fois de plus les frontières entre le gouvernement et sa campagne. Mais le président devrait aussi intervenir à d’autres moments de la convention.

Le parti républicain a aussi annoncé qu’il n’adopterait pas de programme électoral cette année, en raison de l’absence de tous les délégués, mais aussi parce qu’il « soutient avec enthousiasme le programme du président ». Et qu’en conséquence, un nouveau programme ne sera adopté qu’en 2024, et, prévient le communiqué, « toute motion visant à modifier le programme de 2016… sera jugée irrecevable ».

Autre signe de la mainmise totale de Trump sur le parti, l’ancien président George W. Bush, seul prédécesseur républicain encore vivant, n’interviendra pas au cours de la convention. Les seuls élus républicains qui prendront la parole sont des fidèles du président, comme le sénateur de Caroline du Sud, Tim Scott, ou le représentant de l’Ohio, Jim Jordan.

Dans le contexte particulièrement difficile d’une double crise sanitaire et économique, les républicains ont choisi l’attaque comme stratégie et comme tactique. La présidente de la convention, ­Ronna McDaniel, a ouvert la cérémonie en annonçant clairement l’enjeu. «Je n’ai jamais pensé que je serais d’accord avec Hillary Clinton, mais elle a raison sur un point : nous devons voter en novembre comme si notre vie et notre pays en dépendaient », a dit McDaniel, qui se trouve être aussi la nièce du sénateur républicain Mitt Romney, le seul à avoir voté la destitution de Trump en février.

Elle a accusé les démocrates de dissimuler leur programme radical en présentant Joe Biden comme un personnage « gentil »« Les politiques qui forcent les emplois à fuir notre pays ou qui autorisent l’avortement jusqu’au jour de la naissance ne sont pas gentilles », a-t-elle lancé. Le thème de la loi et l’ordre devrait aussi être un des arguments de la campagne. McDaniel a critiqué les récentes émeutes dans de nombreuses villes américaines, et prédit que ces troubles n’étaient qu’un « aperçu de ce qui se passerait dans tout le pays si Joe Biden et Kamala Harris gagnaient cette élection »« Donald Trump, lui, défendra toujours l’État de droit. »

Source : Le Figaro

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